vendredi 23 juin 2017

Sandra Martineau: " Dernière escale"

Editions Lajouanie
312 pages


4 ème de couverture 



Richard, ex-footballeur pro dont la carrière a pris fin après de multiples scandales, embarque avec femme et enfants sur le Cruise Constantino pour une croisière d'une semaine. C'est le voyage de la dernière chance pour renouer avec son épouse de plus en plus distante, renouer avec son fils, un ado grincheux et profiter enfin de la petite dernière, seul membre de la famille bien disposée à son égard. L'ex-star du Barça, encore auréolée de son prestige, est accueillie en VIP. Les passagères lui font les yeux doux, un journaliste le poursuit pour tenter de décrocher un ou deux scoops, le commandant le reçoit, la voyante du bord l'intrigue... Bref, la croisière ne demande qu'à s'amuser, mais l'ex-joueur, obnubilé par le souvenir de l'enlèvement de sa soeur, n'a qu'une obsession, sur-protéger sa très jeune fille, proie idéale selon lui pour les prédateurs de tout poils gravitant dans les coursives. Quand un détective, interloqué par ses agissements paranoïaques et ses réactions incohérentes vient proposer ses services à ce père anxieux, l'angoisse va croissante. Chaque escale apportant par ailleurs son lot d'événements plus inquiétants les uns que les autres. Le paquebot débarquera-t-il autant de passagers qu'il en a embarqué ?


Mon avis 



Dans la série « Roman policier mais pas que… » de chez Lajouanie, le livre de Sandra Martineau « Dernière escale » a tout à fait sa place. L’auteur nous embarque dans une croisière qui, à priori, n’a rien de dangereuse. Pourtant Richard, un ex-footballeur, son épouse et ses enfants ne vont pas être déçus de voyage. Sa famille est peut-être l’enjeu de ce périple…

« L’idée de me retrouver au beau milieu des eaux ne me rassure pas, mais je n’ai pas le choix. C’est le voyage de la dernière chance, comme me l’a présenté Suzanne, ma femme. Une dernière tentative pour tenter de sauver ce qu’elle appelle notre cohabitation. »

Sandra Martineau a le sens de la description lapidaire. L’action elle-même est quasi chirurgicale. L’auteur ne perd pas de temps et quand il y a des éléments qui semblent incongrus, méfiance, ils vont revenir au plus mauvais moment pour les protagonistes.

Ainsi Sandra Martineau sait bien noyer le poisson grâce à une galerie de personnages dont on finit par se défier. On passe ainsi des moments de plaisance aussitôt perturbés par les événements troublants. La tempête menace !
J’ai donc été passagère de cette croisière pas trop pacifique en suivant le roulis imposé par l’auteur.

mardi 13 juin 2017

Pierre Gaulon: " La brûlure des anges"


Editions Fleur Sauvage
240 pages


4 ème de couverture


Une étudiante, sauvée d'une tentative de viol.
Un protecteur providentiel, dont elle n'a vu qu'une cicatrice.
Dans une région caniculaire dévastée par les incendies, la jeune femme, aidée d'un journaliste, fera tout pour retrouver son sauveur.
Mais cette enquête la conduira aux plus profonds paradoxes de l’âme humaine, entre le ciel et l’enfer.

Après La mort en rouge, Noir Ego et Enragés, Pierre Gaulon signe un superbe thriller, aussi sombre qu'inquiétant...


Mon avis


J'ai découvert Pierre Gaulon en lisant " La mort en rouge" qui est un thriller historique où le suspense tenaille le lecteur.

Dans " La brûlure des anges", l'auteur offre une touche de fantastique; Louise échappe de peu à un viol dans les rue à Aix en Provence. " Un super héros" la sauve in extremis et repart aussitôt...
Quentin qui s'occupe d'un journal, s'intéresse de très près cette affaire et décide d'en savoir plus en collaborant avec la victime qu'est Louise. Ils forment tous les deux un duo hors pair.

J'aime quand un auteur masculin se met dans la peau d'un personnage féminin car il retranscrit parfaitement les émotions féminines et dans ce récit il arrive avec intensité à m'émouvoir voire me toucher au plus profond de mon être. Comment ne pas connaître la peur et surtout la détresse de Louise face à cette agression?

Au fil des pages, je me suis demandée quelle peut bien être l'identité de cet ange gardien? Un seul indice; une brûlure sur l'avant bras du héros. Le suspense est maintenu tout au long du roman.


" Ses yeux gonflés par les pleurs étaient dilatés d’épouvante. Tout était arrivé si rapidement.... En quelques secondes, sa vie avait basculé, aurait pu basculer sans l'intervention miraculeuse de son providentiel protecteur. Elle se tourna vers lui, mais il fit volte-face et s'enfuit dans la direction opposée. "

vendredi 9 juin 2017

Nicolas Lebel: La chronique de Yannick Dubart " De cauchemar et de feu"

Editions Marabout
416 pages



Pour changer un peu les habitudes sur la blogosphère, je laisse la plume à Yannick Dubart étant une grande admiratrice de Nicolas Lebel. Heureuse de t'accueillir!



4 ème de couverture


Paris, jeudi 24 mars 2016  : à quelques jours du dimanche de Pâques, le cadavre d’un homme d’une soixantaine d’années est retrouvé dans un pub parisien, une balle dans chaque genou, une troisième dans le front.
À l’autopsie, on découvre sur son corps une fresque d’entrelacs celtiques et de slogans nationalistes nord-irlandais. Trois lettres barrent ses épaules  : IRA.
Le capitaine Mehrlicht fait la grimace. Enquêter sur un groupe terroriste irlandais en plein état d’urgence ne va pas être une partie de plaisir. D’autant que ce conflit irlandais remonte un peu.

Dans ce quatrième opus, Nicolas Lebel nous entraîne sur la piste d’un un assassin pyromane, un monstre né dans les années 70 de la violence des affrontements en Irlande du Nord, qui sème incendie, chaos et mort dans son sillage, et revient aujourd’hui rallumer les feux de la discorde à travers la capitale.




L' avis de Yannick Dubart




Je remercie Delphine de m'accueillir dans sa part de blogosphère. C'est rare car c'est pour un auteur exceptionnel. Un de mes préférés. Je veux citer Nicolas Lebel dont Je suis une lectrice fidèle.

En fait cette aventure a commencé de façon anecdotique. Je débutais sur Facebook et j'ai eu l'occasion alors de participer à un concours... Donner un titre à un ouvrage d’après la couverture d’un roman : une main tenant une allumette.

L’auteur en était Nicolas Lebel. Et j'ai gagné. Depuis je me suis intéressée de loin à ce monsieur. Et au salon de Lens je suis tombée sur lui. J'arrive donc à son stand, timidement, dans mes petits souliers. Je le regarde et je dis "A bout de soufre" le titre que j’avais inventé... Et là il me cite tout de go mon prénom. Si ça ce n'est pas un mec super ! Par la suite je l'ai lu et je me suis dit que c'était aussi un auteur génial. Je ne peux plus décrocher depuis. Et maintenant grâce à Delphine je peux lui faire une déclaration littéraire.

Son quatrième opus « De cauchemar et de feu » ne déroge pas au savoir-faire de Nicolas Lebel. Quand on en arrive à mener à bien une quatrième histoire avec les mêmes personnages, il faut du souffle. Mission accomplie ! J’ai donc retrouvé le capitaine Mehrlicht et son équipe d’enquêteurs avec grand plaisir. Les mêmes ingrédients lebeliens sont au début du roman agrémentés de nouveautés qui ravivent le feu de l’action puisque feu il y a dans ce roman.

«La bouche de Reinier s’ouvrit malgré elle. La comparaison avec la grenouille était flatteuse. La rainette à laquelle on associait le petit capitaine de police avait dû agoniser de longues heures sous un soleil de plomb avant de passer sous une roue de camion. Puis d’être mâchée par un renard… Ce type était au mieux un zombi de grenouille. »

Voyons d’abord les points positifs pouvant donner envie de le lire. Bon, j’ai du réduire la liste car je ne suis pas dans ce blog pour écrire un livre.

D’abord le style, inimitable. L’auteur a une écriture directe mais recherchée. Les mots font mouche tout en conservant un haut niveau d’érudition. Ce n’est jamais lourd, c’est vif et fin comme l’homme que j’ai rencontré dans les salons.

jeudi 8 juin 2017

Ivan Zinberg: " Miroir obscur"


Editions Critic
365 pages


4 ème de couverture



Au cœur des beaux quartiers de Los Angeles, le corps d'un gynécologue est retrouvé criblé de balles, le chiffre 1 gravé sur le front. Premier meurtre d’une longue série. Quand le tueur s’en prend aussi à des célébrités, les médias se déchaînent.
Le paparazzi Michael Singer se voit impliqué dans l’affaire – suspecté, même. Sa carte de visite, telle une signature, est découverte près des victimes.
Quel but poursuit le tueur ? Et pourquoi cherche-t-il à le mettre en cause ?
Bien décidé à faire justice lui-même, le journaliste, épaulé par une ancienne policière, se lance aux trousses de l’assassin.


Mon avis 


Après avoir lu " Etoile morte", je me suis empressée de lire le dernier roman de Ivan Zinberg " Miroir obscur".
On retrouve les mêmes personnages principalement le paparazzi, Mike Singer.
Ce reporter décide d'être un peu plus sage et propose de faire un reportage sur les réseaux de la drogue en interviewant une femme, une ex droguée. Elle lui raconte ses déboires mais aussi ses dangers face à cette drogue.
Une fois l'enregistrement fait, Mike essaie de peaufiner ce dernier avec l'aide d'Alison Kostas, une ancienne policière.
Mais dès qu'il rentre chez lui, des policiers l'attendent et veulent des renseignements sur sa soirée.
Un chirurgien a été assassiné et sur son front est gravé un chiffre . Un indice est resté auprès du cadavre, il s'agit de la carte de visite de Michael Singer. 
Il semblerait que notre paparazzi soit tombé dans une salle affaire et de ce fait il est suspecté de meurtre.

" Depuis ses débuts aux côtés de Singer, six mois plus tôt, Alison donnait l'impression de démarrer une autre existence. Ancienne policière dévouée corps et âme aux forces de l'ordre pendant des années, elle s'accordait désormais du temps pour elle...
Les flics sont là. Ils veulent interroger sur une enquête en cours. Rappelle-moi. "

Mais heureusement son reportage sur cette femme droguée, Marbella Jones, le sauve des griffes des policiers.
D'autres crimes vont se succéder avec toujours le même mode opératoire.
De ce fait Mike se voit contraindre de résoudre cette affaire et de prouver son innocence avec l'aide d' Alison Kostas.
Pourquoi mettre en péril la vie de Mike?
Comment va-t-il faire pour sauver avant tout sa peau?

mercredi 31 mai 2017

Frank Klarczyk: " Interview"


Voici une interview de Frank Klarczyk, auteur des romans de " Mort point final" et de Sanglante vérité". Il me reste à lire les Crocs de la Corrèze.


1- Peux-tu te présenter en quelques mots ?

Cinéphile depuis toujours, j'aurai bien aimé travailler dans le cinéma. Puis j'ai voulu être professeur, mais me suis fait 'embarqué' par la police. Finalement je me suis raccroché au côté social du travail, le service du public tout bonnement (il y en a des flics comme ça!)
L'écriture permet aussi ce contact avec les gens que j'ai toujours aimé. Elle permet l'évasion mais débouche sur l'échange avec les autres. Le premier réseau social de l'humanité, avec la parole, finalement.


2- Comment t'est venue l’idée d’écrire?

Le cinéma, là encore. Mon premier manuscrit est un scénario, une comédie policière (j'ai 400 pages prêtes à être tournées, si cela intéresse quelqu'un ?...) En écrivant ce scénario vers 17 ans, j'ai constaté que j'aimais inventer et raconter des histoires. Mon imagination fait le reste.


3- Quels sont tes auteurs préférés ?

Difficile à dire. Il y en a plusieurs. Ado j'ai lu du King et l'on me dit que cela se sent. A cet âge là, j'ai aussi été marqué par le livre de Pierre Boulle 'La planète des singes'. Depuis pas mal d'années, je ne lis pratiquement que du policier, du thriller. Après Franck Thilliez, Maxime Chattam, Jean Christophe Grangé, Michael Connely, Dennis Lehane j'apprécie Claire Favan, Karine Giebel, Bernard Minier,... et il y en a tant d'autres à lire et à découvrir.


4- Quel est ton film préféré ?

Idem, c'est très difficile à dire. Mes goûts étant très hétéroclites. J'ai un goût certain pour le fantastique. Je suis des années Spielberg : E.T, Retour vers le futur, Gremlins, L'aventure intérieure, Indiana Jones. Puis avec le temps, un goût plus prononcé pour les thrillers, là aussi : Usual suspects, Le silence des agneaux, L'armée des 12 singes, Le sixième sens, Prisoners, Seven,...


5- Etant policier est-ce plus facile pour toi de trouver l'inspiration pour écrire un roman?

Cela aide forcément pour l'écriture de romans policiers. Il y a des scènes d'action, de tension ou tout simplement, surprenantes, qui viennent directement de mon vécu ou de celui de collègues à moi, mais mon inspiration ne vient pas que de là. J'ai des idées qui naissent dans la tête. Pour le moment j'ai creusé certaines d'entre elles pour en faire des scénarios policiers, mais j'ai aussi du fantastique en magasin. L'intention d'écrire aussi, un jour, la biographie de mon père...


6- Comment as tu trouvé ton sujet pour écrire Mort point final? 

Paradoxalement, c'est une histoire de harcèlement scolaire qui a donné naissance à cette histoire. Au départ, j'étais remonté contre un groupe de gamins qui en avaient harcelé un autre. Je voulais m'en prendre à eux et, cela a dégénéré... L'idée du prof excédé, le rapprochement avec 'Marche ou crève', puis finalement je défends la cause des enseignants, parmi lesquels j'ai plusieurs amis. Souvent la cause des policiers n'est pas très éloignée.


7- Quelles sont tes passions en dehors de l’écriture ?

Le cinéma. Je t'embête avec ça, hein ! Cela reste un rêve pour moi. Et c'est bien d'avoir des rêves, même si avec l'âge, il est de plus en plus difficile de les garder. Mais je mets un point d'honneur à le garder celui-là. Et comme l'écriture d'une histoire est la genèse d'un film, cela me rapproche un peu de ma passion première.
Dernièrement je suis allé voir 'La la land', deux fois. La réalisation de ses rêves, à force de s'y accrocher, au prix de sacrifices, avec le dynamisme de la musique en plus, ce film me parle !...


8- Prépares-tu déjà ton prochain roman ? 

J'ai une bonne idée de départ autour de laquelle se monte doucement une intrigue. Mais je n'en suis qu'aux prémices. Ce sera encore une intrigue policière, mais plus classique cette fois-ci, avec moins de cadavres. Je trouve le sujet de départ tellement intéressant et original, qu'il faut que je l'exploite absolument, avec une intrigue qui soit à la hauteur.


9- Libre à toi de conclure cette interview.

Cinéma !
Je rigole. Quoique l'on pourrait faire une nouvelle version, plus gore, de 'La journée de la jupe' avec 'Mort - Point final'. Sans vouloir rabaisser ce film avec Adjani, du tout, il est vrai que l'adaptation de l'un de mes romans serait une consécration pour moi, mais pas un 'point final', surtout pas !


mardi 30 mai 2017

Ivan Zinberg: " Etoile morte"

Editions Le cercle points
528 pages

4 ème de couverture



Michael Singer, paparazzi à Los Angeles, apprend que la célèbre présentatrice Naomi Jenkins a été droguée, violée et kidnappée. Tandis que son intuition le mène dans le monde de la pornographie underground, le corps émasculé d’un riche homme d’affaires est retrouvé par les inspecteurs Sean Madden et Carlos Gómez. Deux enquêtes pour un même suspect ?

« Un auteur sur lequel il va falloir compter. »
20 Minutes


Mon avis


" Etoile morte" est un thriller abordant des thèmes assez délicats tels que le monde de la pornographie et du viol.
Ces derniers peuvent heurter voire choquer plus d'un lecteur. Mais l'auteur, Ivan Zinberg parvient à en parler sereinement sans tomber dans la vulgarité. L'histoire qui en découle est prenante et assez saisissante. L'intrigue est de haute voltige et dangereuse pour les protagonistes. 
Au Luxe City Center, une femme de ménage découvre avec frayeur un cadavre sauvagement abattu, mutilé; on saura plus tard son identité, Paul Gamble.

" On observe de nombreuses lésions au niveau de l'abdomen, des cuisses et des parties génitales. Le tueur s'est acharné à l'arme blanche sur ces régions. Il y a au moins une soixantaine de plaies perforantes. "

L'inspecteur Sean Madden et Carlos Gómez enquêtent sur la mort de ce dernier. Cette affaire de la chambre 612 va s'avérer délicate car Paul Gamble aurait des activités sexuelles très chaudes.
En parallèle, le lecteur suit un paparazzi privé prénommé Michael Singer friand des grandes vedettes américaines. On lui confie un dossier et principalement celui d'une présentatrice télé, Naomi Jenkins retrouvée  violée, droguée et kidnappée.

dimanche 28 mai 2017

Cecilia Samartin: " Nora ou le paradis perdu"

Editions Archipoche
480 pages


4 ème de couverture



Cuba, 1956. Nora et Alicia, deux cousines très proches et complices, vivent une enfance heureuse et insouciante.
Mais la révolution éclate, et Fidel Castro accède au pouvoir. Un climat de peur, nourri par la répression, s’installe peu à peu. Nora émigre alors aux États-Unis, laissant Alicia derrière elle, qui s’apprête à vivre des heures sombres à La Havane.
Tandis que Nora, bien nostalgique de son pays natal, s’accommode peu à peu de cet environnement nouveau, Alicia subit les coups durs, dans un Cuba où la situation se détériore. Grâce aux lettres qu’elles continuent d’échanger, Nora comprend que la vie d’Alicia est devenu un enfer. Elle décide alors de retourner à la Havane pour lui venir en aide.
Mais ce qu’elle va découvrir à Cuba est bien loin de tout ce qu’elle pouvait imaginer…


Mon avis



"Nora ou le paradis perdu" de Cecilia Samartin porte bien son titre. Tout au long de ce roman, j'ai été submergée d'émotions et surtout d'un parfum de nostalgie. 

"Mais n'oublie jamais, Nora, n'oublie jamais le Cuba que nous avons connu et dis-le à Lucinda et à tes enfants avant même qu'ils aient l'âge de comprendre, pour que Cuba fasse partie d'eux comme il fait partie de nous."

L’histoire commence à Cuba en 1956. On suit le lien entre Nora et Alicia, deux cousines. Ce lien est mis à rude épreuve avec l’arrivée de Castro. Elles tentent pourtant de rester en relation alors que l’une est partie se réfugier aux Etats-Unis et l’autre est restée dans leur beau pays natal. Les événements historiques bousculent la vie de ces deux cousines. Mais c’est surtout Nora qui raconte…

Les relations épistolaires ponctuelles sont un bon moyen de suivre la vie des deux jeunes filles séparées. De plus ce procédé permet de gagner beaucoup de temps dans la narration. Il faut savoir que ce livre est un pavé de 471 pages. Une fois plongée dedans, je me suis noyée avec plaisir dans la beauté d’un pays agressé et abimé par la folie d’un homme.

" Je n’avais plus besoin de lire les mots : je les savais pas cœur. Au lieu de cela ; j’étudiais l’écriture d’Alicia et je sentais la douleur dans chaque courbe de la ligne, dans chaque avancée ténue de la plume. Bien que séparées par des milliers de kilomètres, nous étions de nouveau réunies et notre connivence était plus forte que jamais. "

Je suis vite tombée sous le charme de Nora et Alicia. Les voir devenir des femmes est très prenant. La plume traduite par Colette Joyeux n’est jamais simpliste. Certes, il y a du romantisme dans ce roman mais Cecilia Samartin ne se laisse pas aller à peindre ses personnages à l’eau de rose. La violence, la peur et la mort sont très présents sans indulgence.

samedi 27 mai 2017

Roz Nay: " Notre petit secret"


Editions Hugo & Cie
270 pages

4 ème de couverture



Angela est interrogée par la police : la femme de son ex petit ami a disparu, et l’inspecteur Novak est persuadé qu’elle en sait davantage qu’elle ne veut bien le dire. Alors, encouragée par Novak, Angela va raconter son histoire. Une histoire qui commence dix ans plus tôt, au lycée de Cove, dans le Vermont, par sa rencontre avec HP, en qui elle reconnaît son âme soeur. Mais le récit d’Angela va révéler un sombre écheveau de trahisons et de pulsions destructrices, au coeur d’un troublant triangle amoureux.


Mon avis


" Notre petit secret" a reçu le prix Douglas Kennedy du meilleur thriller étranger.
Après plusieurs déménagements, les parents d' Angela Petit Jean décident enfin de s'installer dans l' Est des États-Unis, dans le Vermont.
Angela rentre ainsi au lycée de Cove, difficile de s'intégrer dans un nouvel établissement quand on est nouvelle mais peu à peu elle fait la connaissance de HP, un homme séduisant et sportif. L'amour plane au dessus de la tête de Petit Jean.

Dans " Notre petit secret", l'auteure raconte avant tout l' histoire d' Angela dix ans avant et après au moment où elle se retrouve dans une salle d' interrogatoire avec l'inspecteur Novak à l'âge de 26 ans.
Roz Nay aime balader le lecteur, le mettant sans cesse en doute sur ce qu'il va  se passer.
L'inspecteur Novak est persuadé qu' Angela est loin d'être innocente dans la disparition de Saskia, la femme de son ex petit ami. Mais Angela essaie de dissuader l'inspecteur en racontant sa vie depuis qu'elle habite dans le Vermont.

" - Bon, parce ce vous ne devriez rien écarter. Vous ne savez pas de quoi les gens sont capables. "

La chose surprenante dans ce thriller est la construction de l'intrigue. Au début le lecteur ne sait pas pourquoi Angela est arrêtée mais c'est au fur et mesure de l'histoire que tout se dévoile. Quand on parle de thriller on pense au meurtre, à l'hémoglobine dans " Notre petit secret" il n'en est rien; Roz Nay joue aisément avec ses personnages les mettant sans cesse en désaccord. C'est un véritable jeu du chat et de la souris. Angela tente d'échapper inoxerablement aux questions de l'inspecteur Novak.

" J'ai lu quelque part que dans le jeu du chat et de la souris, la seule façon de gagner pour la souris est de se jeter volontairement dans la gueule du chat. J'y pense souvent. La futilité nous regarde droit dans les yeux. Nous devrions simplement cesser de courir. "

mercredi 24 mai 2017

Frank Klarczyk: " Mort point final"

Editions Lucien Souny
192 pages

4 ème de couverture



Dans un commissariat de la banlieue parisienne, Paul Catard est interrogé par le capitaine Vigeois. On vient de retrouver l’homme bâillonné et menotté dans la chambre de sa petite amie. La situation prêterait à sourire si la petite amie n’était pas Mélanie Vasseur, lieutenant de police travaillant dans l’équipe de Vigeois. La surprise est d’autant plus grande lorsque Catard dévoile que Mélanie a survécu à une innommable tragédie qui s’est déroulée dans un lycée de province, quelques années auparavant. Souffrant de violents traumatismes psychologiques, elle a pourtant réussi à intégrer la police et, encore mieux, à cacher son passé. Vigeois et ses hommes se questionnent encore sur la véracité de ces révélations quand ils sont appelés en renfort au parc de la Légion d’honneur de Saint-Denis, où un attentat se prépare. Le temps est compté, et la police n’a plus le droit à l’erreur ! L’angoisse, le drame, le suspense saisissent le lecteur là où il ne les attendait pas.


Mon avis


Une journée qui pourrait se dérouler normalement pour les élèves de seconde C, mais le professeur de français, Mr Bernard en a décidé autrement. En verrouillant la salle G3, il commet l'irréparable et prend en otage les élèves.
Mr Bernard donne ordre de continuer le cours en obligeant les lycéens à écrire une dictée extrait de l'oeuvre de " la Divine Comédie" du grand Dante Alighieri. Les élèves n'ont pas le droit à l'erreur; une faute est un avertissement et une deuxième erreur sera une sanction définitive! Comment ne pas obéir devant un tel dilemme? Leur vie ne tient qu'à un seul fil et le professeur le fait savoir en racontant la scène du livre de " Marche ou crève" de Stephen King. Ce n'est qu'une partie du livre que je vous décris, la suite est encore plus angoissante. Un homme retrouvé menotté, Mr Catard raconte non pas son histoire mais celle de Mélanie Vasseur, une fille traumatisée par son professeur de français...

" La majeure partie des lycéens se mirent à écrire, d'autres firent mine de rédiger, se demandant encore si tout cela était réel. Peut être que le canular allait soudainement prendre fin et que Cindy et Bertrand allaient se relever en riant de la blague qu'ils venaient de faire à leurs camarades. "

lundi 22 mai 2017

Marc Welinski: " Le syndrome de Croyde 2"


Editions Daphnis et Chloé
384 pages


4 ème de couverture



Dans la petite bourgade de Chamonville, Albane, une petite fille de 9 ans, est décédée à la suite d’une chute dans l’escalier de l’école. Tout le village est en émoi. Si pour la gendarmerie l’accident ne fait aucun doute, le directeur de l’école est persuadé que la petite a été poussée. Puis d’autres décès "accidentels" surviennent. Les soupçons de la population se portent alors vers le camp de migrants qui s’est installé dans la forêt voisine. Mais ne s’agirait il pas d’une nouvelle manifestation du syndrome de Croyde, cette pathologie inexpliquée capable de transformer les individus les plus normaux en criminels à sang froid ?


Mon avis



Marc Welinski dans "Le syndrome de Croyde 2" raconte l'histoire d'une petite bourgade à qui il arrive des malheurs ; une petite fille, Albane, meurt à la suite d'une chute dans l'escalier de l'école. Ainsi des personnages vont affronter l’horreur. Mais l'affaire n'est pas si simple. La psychologie va s’immiscer dans la maille des doutes et de la suspicion.

J'ai apprécié la succession des narrateurs qui donne une vision plus globale de l'histoire. Ainsi cela semble très original. Pourtant, cela m'a désorientée.

Je déplore la place trop importante à mon goût, donnée aux dialogues, certes bien menés, mais ne permettant pas une profondeur littéraire.

L’intrigue concernant un mystérieux syndrome est assez prenante, elle a cependant tendance à mollir dans la deuxième partie du roman. Je me suis demandé où l'auteur voulait en venir. Ainsi, je me suis prise au jeu et j'avais envie d'en savoir plus sur les différents crimes et la véritable personnalité de chaque protagoniste.
Hélas, la fin ne m'a pas apportée suffisamment de réponses. Mais suis-je peut-être trop exigeante!

jeudi 18 mai 2017

Carolina De Robertis: " Les Dieux du tango"


Editions Cherche Midi
504 pages



4 ème de couverture



« Aussi évocateur et ensorcelant que le tango lui-même. » (Library Journal)


Février 1913. Leda a dix-sept ans. Elle quitte son petit village italien pour rejoindre en Argentine son cousin Dante, qu’elle vient d’épouser. Dans ses maigres bagages, le précieux violon de son père.

Mais à son arrivée, Dante est mort. Buenos Aires n’est pas un lieu pour une jeune femme seule, de surcroît veuve et sans ressources : elle doit rentrer en Italie. Pourtant, quelque chose la retient… Leda brûle d’envie de découvrir ce nouveau monde et la musique qui fait bouillonner les quartiers chauds de la ville, le tango, l’envoûte. Passionnée par ce violon interdit aux femmes, Leda décide de prendre son destin en main. Un soir, vêtue du costume de son mari, elle part, invisible, à travers la ville.
Elle s’immerge dans le monde de la nuit, le monde du tango. Elle s’engage tout entière dans un voyage qui la mènera au bout de sa condition de femme, de son art, de la passion sous toutes ses formes, de son histoire meurtrie. Un voyage au bout d’elle-même.

Carolina De Robertis signe avec ce roman un texte d’une grande sensualité, une ode à la liberté, à la passion, à la vie. Pour accompagner la destinée de ces personnages sublimes et poignants, le tango, omniprésent, résonne à chaque page. Plus qu’un roman, ce texte est aussi un témoignage captivant sur la Buenos Aires du début du XXe siècle, et un document rare sur la naissance du tango.



Mon avis



"Les dieux du tango" de Carolina De Robertis est une pure merveille. De la littérature blanche de grande qualité. L’histoire commence en 1913 avec l'arrivée de Leda en Argentine à Buenos Aires. Elle croit y retrouver son mari mais celui-ci est mort. À partir de là elle va tenter de survivre.
Ainsi parallèlement à l'histoire du tango, l'auteur nous conte la vie d'une femme exceptionnelle : Leda!

L’intrigue virevolte à la façon d'un violon. Les 543 pages glissent comme des danseurs sur un parquet d'une salle de bal enivrante. Il y a du rythme dans ce roman. Les certitudes y volent en éclat. J’en suis encore bouleversée, renversée par l’écho du violon de Leda.

Beaucoup de sujets sont abordés sans lasser le lecteur. L’auteure est une bonne narratrice et la traduction de l'anglais (Etats-Unis) par Eva Monteilhet a su me séduire.

J'ai été émue par l'histoire de ces immigrants dont fait partie Leda. J'ai compris les affres du déracinement. Ce livre est un hymne à la tolérance alors que les problèmes migratoires sont au cœur de l’actualité.

"Combien de secrets entraient clandestinement, ce jour-là, dans le Nouveau Monde ? Elle regarda vers le dock, sous l'auvent de bois d'où lui parvenaient les rumeurs d'une foule réunie.[...] L'auvent ne portait aucun signe distinctif mais il lui semblait qu'on aurait dû y mettre une pancarte "Dernier espoir". C'était bien cela pour un si grand nombre d'entre eux. On le voyait sur leurs visages marqués par la faim. Pour quelle autre raison seraient-ils venus ?

J’ai eu l'impression de saisir les couleurs et de sentir les odeurs de l'Italie et de Buenos Aires. Carolina De Robertis est une virtuose de la sensualité.

Elle nous donne une définition du désespoir et de la résilience. Leda, son personnage principal, est à la fois forte et apeurée car elle cache un secret ! 

mercredi 17 mai 2017

Franck Thilliez: " Rêver"

Editions Fleuve noir
598 pages


4 ème de couverture



« Pour la plupart des gens, le rêve s’arrête au réveil. »

Si ce n’étaient ses cicatrices et les photos étranges qui tapissent les murs de son bureau, on pourrait dire d’Abigaël qu’elle est une femme comme les autres.

Si ce n’étaient ces moments où elle chute au pays des rêves, on pourrait jurer qu’Abigaël dit vrai.

Abigaël a beau être cette psychologue qu’on s’arrache sur les affaires criminelles difficiles, sa maladie survient toujours comme une invitée non désirée. Une narcolepsie sévère qui la coupe du monde plusieurs fois par jour et l’emmène dans une dimension où le rêve empiète sur la réalité. Pour les distinguer l’un de l’autre, elle n’a pas trouvé mieux que la douleur.


Comment Abigaël est-elle sortie indemne de l’accident qui lui a ravi son père et sa fille ? Par quel miracle a-t-on pu la retrouver à côté de la voiture, véritable confetti de tôle, le visage à peine touché par quelques bris de verre ? Quel secret cachait son père qui tenait tant, ce matin de décembre, à s’exiler pour deux jours en famille ? Elle qui suait sang et eau sur une affaire de disparitions depuis quelques mois va devoir mener l’enquête la plus cruciale de sa vie. Dans cette enquête, il y a une proie et un prédateur : elle-même.


Mon avis



" Rêver" est comme un voyage initiatique où nous suivons l'héroïne, Abigaël Durnan, psychologue mais souffrant de narcolepsie et la mettant parfois dans un état de cataplexie. Elle est sans cesse plongée dans la réalité et l'imaginaire. Sa pathologie la rend fragile et faible, quelques gouttes de Propydol pourraient l'aider à se sentir mieux mais ce médicament ne fournit pas les résultats escomptés. Une forte dose et utiliser à une durée trop longue efface certains souvenirs si chers...

" Rêver" est un énorme pavé à lire; plus de 500 pages mais une fois commencé, je me suis laissée emporter par l'histoire mettant en scène Abigaël.
Cette psychologue travaillant dans les affaires criminelles est chargée d'enquêter sur la disparition de plusieurs enfants.
Le méchant est surnommé Freddy comme le croquemitaine de Wes Craven dans les " Griffes de la nuit".
En parallèle le passé d 'Abigaël ressurgit; elle tente de revenir sur ce qui s'est passé le jour de l'accident de voiture...
Les chapitres alternent entre le passé et le présent où quelques indications temporelles figurent au tout début de ces derniers afin de mieux comprendre le cadre spatio-temporel.

mardi 9 mai 2017

Gilles Vidal: " Interview"



J'ai le plaisir de partager avec vous, lecteurs, une interview pour mieux connaitre l'auteur Gilles Vidal.
Après avoir lus les romans suivants: " Les sentiers de la nuit"" Le sang des morts" et son dernier apparu dernièrement chez Les presses littéraires " De sac et de corde"  j'ai voulu en savoir un peu plus sur cet auteur.




1- Comment vous définiriez-vous ?

Difficile ! Ce serait bien prétentieux de s’envoyer des fleurs ou de singer une modestie affable… J’ai des qualités et des défauts comme tout un chacun. S’il y a bien une qualité que je possède, je crois, c’est celle d’être têtu et persévérant, c’est essentiel lorsque l’on veut mener à bien l’écriture d’un roman. Et la patience aussi, tant les arcanes éditoriales sont un mystère que je n’ai toujours pas élucidé…


2- Comment vous est venue l’idée d’écrire ?

Je dévorais les livres dès ma préadolescence, de tous genres, tout ce qui me tombait par les mains et sans doute est-ce la passion de la lecture qui m’a donné envie d’en écrire moi-même. J’ai commencé par des textes courts, puis un jour, j’ai accouché d’un roman qui a eu la chance d’être publié alors que je n’avais que 24 ans. L’écriture est une passion, un besoin viscéral à mon équilibre de vie.


3- Quels sont vos auteurs préférés ?

Très difficile de répondre, il y en a tellement que j’apprécie, qu’ils soient ou non encore de ce monde… Je citerai Richard Brautigan, John Fante (ah ! Demande à la poussière), Charles Bukowski, Jim Harrison, Raymond Carver, pour les Américains, avec David Goodis, Chandler et Hammett au niveau polar. Mais aussi, pour les Français, Georges Perec, René Belletto, Pascal Dessaint, Philippe Djian, etc.


4- Quel est votre film préféré ?

Impossible là aussi d’en choisir un ! Il y en a pléthore, de tous genres, que j’ai aimés. Vous citez dans la critique de mon livre Pulp Fiction et donc, bien sûr, j’aime tous les films de Quentin Tarantino. Mais aussi, par exemple, tous les films des frères Coen. J’ai aussi un faible pour les films de SF, le dernier en date que j’ai apprécié est Interstellar de Christopher Nolan.


5- Dans De sac et de corde, quel est le personnage que vous trouvez le plus pervers et pourquoi?

Le personnage le plus pervers est sans doute Frédéric Gomez. Non content d’être dépourvu de toute humanité et d’être âpre au gain facile, il n’hésite pas à s’en prendre à l’innocente Claudie sans remords aucun. Heureusement qu’il y a le retour de bâton… Mais les autres ne sont pas mal non plus dans le genre salauds !


6- Y a-t-il une suite à ce roman choral et qu’est-ce qui est le plus difficile dans l’écriture de ce dernier ?

Non, il n’y aura pas de suite à ce roman choral, car, à la fin, la boucle se referme sur elle-même avec les destins des personnages. Le plus dur, bien sûr, lorsqu’il y a ainsi beaucoup de personnages est de faire en sorte que malgré la complexité des histoires, l’intrigue « retombe sur ses pattes ».

lundi 8 mai 2017

Gilles Vidal: " De sac et de corde"

Editions Les presses littéraires
298 pages


4 ème de couverture



Morlame, traversée par la Meure, est une ville de province qui, sous des aspects tranquilles, nourrit en son sein de sombres crapules. Est-ce parce qu'elle est la ville de naissance d'Aristide Ridore, poète mythique vénéré dans le monde entier, mais qui fut un sacré brigand et assassin ? Toujours est-il qu'y dominent des êtres malfaisants, comme Barreteau, le parrain local et ses hommes de main, Guérin, une brute qui trempe dans le trafic de drogue, Gomez, un loser prêt à tuer pour une poignée d'euros, Chaudrin, un dentiste charcutier, Franck et Gaby, deux minables petites frappes, Hesnard, un flic ripou, et d'autres encore. 
Dans une construction chorale de la veine de Short cuts de Robert Altman, les destinées de tout ce beau monde nuisible vont s'entrechoquer à la manière de billes folles de flipper, engendrant chaos, cadavres, vengeances et autres exactions.



Mon avis 



Gilles Vidal dans "De sac et de corde" a réussi un roman distrayant bourré de scènes fortes et macabres. Cela commence par un chapitre dans lequel un homme se fait malmené sans savoir pourquoi. À partir de là, une galerie de personnages va s'entrecroiser voire s'entretuer.

Certains portent la mort, d'autres sont emportés par elle. L’intérêt pour nous lecteurs, c'est de ne pas savoir qui va succomber, et de deviner qui a un rapport avec qui... 
En refermant "De sac et de corde", j'ai eu envie de recommencer depuis le début car j'ai été submergée par les personnages et exaltée par la densité de l'intrigue. Il faudra d'ailleurs que je le relise très vite. J'ai déjà eu ce sentiment quand j'ai regardé le film "Pulp Fiction", c'est dire...

Le style est impeccable. Il met en valeur les descriptions. Gilles Vidal est un maître quand il s’agit de dépeindre des zones en décrépitude. La minutie dans les détails qui tuent est littéralement jubilatoire !

jeudi 4 mai 2017

Nada S. Khoury & Robert A. Matta: " Le vivier de l'oubli"

Editions Ecriture
256 pages



4 ème de couverture



Tout commence par un oubli.
Un écrivain, venu visiter une maison à acheter en Provence, a laissé son iPad par mégarde dans la propriété. La conseillère découvre l’objet ; hésite légèrement ; l’allume. Elle y découvre photos (Istanbul, une femme en rouge, lui…), mots d’amour, réflexions éparses. De cette lecture clandestine lui reviennent des bribes de sa propre existence : une romance interdite (avec un prêtre), une séparation douloureuse, et la solitude.
Au village, la conseillère – après avoir laissé un mot sur la nappe de la table de l’écrivain et lui avoir rendu son iPad – aperçoit la femme en rouge, celle des clichés de la tablette numérique. Intriguée, troublée, elle la suit jusqu’à une galerie. Elle la photographie discrètement…



Mon avis



J'ai été séduite par les images de la Provence et d'Istanbul que les auteurs mettent régulièrement à l'honneur au cours du roman. Ces paysages sont la toile de fond d'un chassé-croisé entre des hommes et des femmes, entre le vrai et le faux et entre le rêve et la réalité. Et c’est ce flou qui m’a gênée dans ma lecture. Dans la première partie j’ai pourtant apprécié la valse des personnages. Ensuite j’ai été un peu perdue dans le récit.

Bien sûr le style est très travaillé avec des références littéraires et artistiques. Les titres de chaque chapitre ainsi que la richesse du vocabulaire utilisé au détour des pages sont un réel ravissement. 

« Des bancs qu’ils savaient investis, une fois la nuit tombée, par les clochards éméchés qui se ramassent sous des couvertures mitées et s’endorment sur les initiales gravées qui superposent, palimpsestes de promesses échangées, de caresses partagées, évanouis avec l’usure du temps et les serments d’amour d’autres amants. »

L’histoire ne se laisse pas facilement apprivoiser dans « Le vivier de l’oubli ». On peut apprécier ou déplorer le manque de clarté. Ainsi l’absence de prénom laissant place à des « elle » et des « il » rend l’histoire parfois hermétique.
Il est vrai que cette façon de procéder peut séduire certains lecteurs. Pour ma part, je ne suis pas très adepte car même si les indices permettent de reconnaître les personnages, cela a freiné ma lecture.

lundi 1 mai 2017

Chris Thorimbert: " La tache de vin"

Editions Jets d'encre
242 pages

4 ème de couverture


Dans la petite ville d’Estavayer, en Suisse, la jeune Éléonore est au service du comte de la Broye qui n’hésite pas à exercer sur elle son droit de cuissage. Lorsqu’elle se découvre enceinte, elle démissionne sans rien dire de son état et met au monde des jumeaux, Marie et Philippe, qui ignorent tout de leur géniteur. Quinze ans plus tard, alors qu’ils sont en âge de travailler, ils sont envoyés sur les terres du comte : Philippe est aux champs pendant que Marie œuvre comme domestique. Sans le savoir, elle occupe la même place que sa mère au même âge. Et commence elle aussi à susciter la convoitise d’Adrien de la Broye, qui n’a rien perdu de ses penchants…
Chris Thorimbert tire avec talent les ficelles de cette fresque romanesque captivante, ressuscitant avec brio la Suisse rurale de la fin du XIXe siècle.


Mon avis


Avec "La tache de vin", Chris Thorimbert offre une sorte de chronique témoignant d'une société avec sa hiérarchie durant la deuxième partie de XIXème siècle dans la campagne suisse.
La vie d'Éléonore est semée d'embûches à son bonheur. Quand elle est toute jeune au service du comte de la Broye, celui-ci profite d'elle. Ainsi c'est enceinte qu'elle fuit les lieux pour revenir dans sa famille. Après avoir subi le déshonneur, elle finit par élever seule ses jumeaux. Son passé va ressurgir alors que ses enfants ont atteint l'âge de 15 ans...
En 250 pages, l'auteure parvient à raconter une histoire familiale sans surcharge comme on pourrait le voir dans les sagas qui pour ma part sont parfois indigestes à cause du surnombre de détails.

dimanche 30 avril 2017

Chase Novak: " Conception"


Editions Livre de poche
480 pages


4 ème de couverture



Alex et Leslie Twisden mènent une vie radieuse : jobs en or, luxueux hôtel particulier en plein Manhattan et mariage passionnel. Ce qui leur manque en revanche, c’est un enfant, et après l’échec d’innombrables traitements, leur désir de progéniture vire à l’obsession. Dans une dernière tentative désespérée, le couple se rend en Slovénie afin d’essayer une procédure médicale très particulière. Et là, c’est le miracle… Dix ans plus tard, couvés et dorlotés mais vivant dans une maison habitée par les secrets, les jumeaux Alice et Adam se retrouvent chaque soir enfermés dans leur chambre, tandis que des bruits de plus en plus perturbants proviennent de celle de leurs parents. Un jour, ils décident de chercher à comprendre la vraie nature de ceux qui les élèvent. Leur découverte aura de quoi les épouvanter…

L’ombre de Rosemary’s Baby plane sur ce thriller pétrifiant. The New York Times

A la fois terrifiant et sombrement drôle, CONCEPTION est une pure partie de plaisir. Stephen King.


Mon avis



Alex et Leslie ont tout pour être heureux mais hélas Leslie ne tombe pas enceinte malgré les inséminations artificielles et autres diagnostics. Le couple se rend alors en Slovénie et rencontre le Docteur Kis, dans la ville de Ljubljana, un étrange personnage dont les pratiques sont peu recommandées. Il propose des traitements contre l'infertilité. L'opération s'est bien passée puisque Leslie attend des jumeaux.

" Bien évidemment, je perdrais mon travail si je vous disais quelles substances le docteur utilise, mais il tient à ce que vous sachiez qu'il a obtenu de grand succès- de grands, grands succès- en se servant de tissus provenant des êtres les plus vigoureux et fertiles du monde. "

" Certains médecins inspirent confiance, d'autres non. Et d'autres, tels le Dr Kis, inspirent la terreur."

Le bonheur s'installe au sein de ce foyer mais sera de courte durée. Leslie et Alex vont connaitre quelques problèmes physiques et leurs comportements vont effrayer leur entourage mais aussi leurs enfants...

Dans la deuxième partie du livre, le lecteur fait connaissance des jumeaux dix ans plus tard et apprend que le couple a des comportements bien étranges au point d'enfermer le soir leurs enfants.

vendredi 21 avril 2017

Stanislas Petrosky: " Dieu pardonne, lui pas!


Editions Lajouanie
200 pages



4 ème de couverture



Estéban Lehydeux, dit Requiem, est de retour. Le curé exorciste débarque cette fois sur le port du Havre.
Il y découvre un docker bien sous tout rapport –  si, si ça existe  –, accusé de meurtre ; une boîte d’import-export d’objets et de matériel pas bien catholiques ; un syndicaliste forcené mais pas mauvais bougre ; des fanas du troisième Reich ; et bien évidemment une accorte jeune femme tellement mal fringuée qu’il s’empresse toujours, dès qu’il la croise, de la déshabiller  !

Entouré de ces drôles de paroissiens notre héros, un Don Camillo carburant à la bière plus qu’à l’eau bénite, va devoir jouer du goupillon et faire quelques entorses aux règles de son ministère pour parvenir à distinguer le bon grain de l’ivraie…

Ce deuxième épisode des aventures de Requiem est basée sur un fait réel  : l’histoire de Jules Durand, qui défraya la ville du Havre en 1910. Cette sorte d’affaire Dreyfus dans le monde ouvrier est encore dans les mémoires de nombreux havrais.



Mon avis




Après " je m'appelle requiem et je t'...", la première aventure de notre curé séduisant et pas catholique pour un clou, Estéban se lance dans une nouvelle aventure au Havre. Un employé de la société Ody- Art a été assassiné; le suspect est un syndicaliste, un de ses collègues. Cette affaire lui fait penser à une vieille histoire celle de Jules Durand en 1910. Sur ce port, le calme ne règne pas, notre curé joue les infiltrés grâce à son amie Elena et apprend que cette société import-export cache bien des choses. Il s'approche davantage de Sandy au point d'en tomber amoureux car cette dernière connait pas mal d'informations sur l'activité de la société. L'enquête s'avère dangereuse et exorbitante...


Dans ce deuxième épisode des aventures de Estéban, Stanislas Petrosky nous narre une histoire hilarante et humoristique à souhait!
Ce n'est pas qu'un roman policier mais aussi une comédie où les fous rires sont omniprésents. L'ambiance est à son apogée, les chapitres regorgent de mousse de bières telles que la Guillotine, la Chimay rouge ou la Budels Capucijn; il faut dire que notre curé ne se substante pas que d'eau bénite!

Pour ce qui est des femmes, Estéban est charmeur, il s'empresse d'être autour de jolies femmes; Sandy celle qui ne sait pas s'habiller mais pour qui les formes ne lui déplaisent pas pour autant. La soutane du curé s'est ainsi relevé plusieurs fois. Bref, il est toujours en bonne compagnie comme " Charly et ses drôles de dames".

jeudi 20 avril 2017

Philippe Declerck: " Variable d'ajustement"



Editions Fleur Sauvage
243 pages



4 ème de couverture



D'un statut de cadre dirigeant, Mathilde se retrouve au chômage sans que rien ne l'y prépare. Découvrant qu'elle n'était qu'une « variable d'ajustement », la quadragénaire, mère et épouse, entame alors une lente et douloureuse descente aux enfers.

Un récit aussi dur que poignant, pour un fort dommageable phénomène de société.



Mon avis



" Variable d'ajustement" est par définition une ressource que l'on fait varier selon les besoins.

Mathilde est cadre dirigeant à Atout Sport depuis plus de dix ans et voit sa vie basculer le 05 Janvier 2015. Elle " meurt". La crise de l'entreprise l'a touchée et Mathilde devient une " variable d'ajustement". L'entreprise n'a pas d'autre choix que de licencier une trentaine d'employés dont Mathilde. Cette  femme âgée d'une quarantaine d'années est mariée à Richard, assez séduisant et riche et a deux enfants se prénommant Hugo et Claire. Mathilde se retrouve alors sans travail et ne sait pas comment annoncer la nouvelle à ses proches.

" J'étais sur le point de lui déclarer que j'étais prête à relever le défi lorsqu'il a conclu sa démonstration en ces termes, " les employés ne sont qu'une variable d'ajustement parmi d'autres, ce n'est pas à vous que je vais apprendre ça."

Se retrouvant sans emploi, elle voit sa vie basculée; la conjoncture de l'entreprise est mise en danger ; la seule solution est de réduire le personnel en licenciant un certain nombre de personnes. Cette nouvelle va provoquer un grand mal être chez Mathilde. Elle n'arrive pas à faire face à cette nouvelle plus qu'alarmante. Elle s'est tant donnée dans son travail que ses proches ont oublié sa présence. Pourtant Mathilde doit s'occuper de ses enfants mais aussi de son mari car sa libido est en pleine effervescence.
Parviendra-t-elle à se résoudre à sa nouvelle vie? Mathilde tente de faire au mieux mais se sent démunie de tout. Surqualifiée Mathilde ne trouve pas un emploi adéquat et qui correspond à ses attentes. Tout statut confondu, les critères sont les mêmes pour tout chômeur.
Mathilde commence à comprendre qu'elle est pareille, il n'y a pas de demie- mesure entre un ouvrier, un cadre ou un employé.
La réalité sur la recherche d'un emploi devient glaçante et en fait pâlir plus d'un.

" J'allais ouvrir la portière lorsque je sentis les larmes affluer et, de nouveau, cette boule d'angoisse..."
" Je suis ressortie de là déprimée. Malgré un CV impressionnant, une solide expérience et une formation de haut niveau, un problème persistait, il n'y avait pas de travail en adéquation avec mes qualifications. "

lundi 17 avril 2017

Michaël Moslonka: " 666 e kilomètre"

Editions Fleur Sauvage
224 pages


4 ème de couverture



661, 662, 663, 664, 665...

Une autoroute connue de tous, des kilomètres qui défilent.
Et, sur les aires de repos, ces mêmes personnes sur lesquelles on tombe.
Étrangement... Cruellement...

À la croisée des routes du thriller, du fantastique et de la satire sociale, l'auteur de « À minuit, les chiens cessent d'aboyer » nous livre, au 666ème kilomètre, l'une de ses œuvres les meilleures.


Mon avis



Camus âgé d'une trentaine d'années quitte son nid douillet pour retrouver un ami de longue date dans le Sud-Ouest. Rempli de TOCS, ce trentenaire est plutôt un homme névrosé, anxieux. Sa petite amie, Mathilde, l'a quitté. Pour oublier le passé et se changer les idées, Camus décide de prendre la route plus précisément une autoroute déserte malgré un juillet qui semble propice pour les départs de grandes vacances.
Il s’arrête dans un restoroute, et c'est à ce moment là que Camus voit le monde différemment. Un auto-stoppeur demande de l'aide et brandit des poings en psalmodiant " SOYEZ TOUS MAUDITS".
C'est la première fois que je lis un roman de l'auteur et " 666 e kilomètre" est un livre que j'ai littéralement englouti après une semaine sans lecture. 
Michaël Moslonka nous décrit à la fois une histoire où le thriller est présent mais aussi une touche fantastique se déploie  au fil des pages; Camus, notre héros principal, se retrouve sur cette autoroute où la mort se fait sentir. Le bitume s’amoncelle de cadavres décapités pour laisser place à la faucheuse. Est-ce la réalité, l'imagination ou un simple cauchemar qui taraudent l'esprit de Camus?

vendredi 7 avril 2017

Darcey Bell: " Disparue"


Editions Hugo Thriller
352 pages


4 ème de couverture



Cela commence par un simple petit service - du genre de ceux que se rendent volontiers deux mères de famille. 
Tout oppose en apparence Stephanie, une jeune veuve sans emploi qui partage son temps entre son fils Miles et la rédaction de son "blog de maman", et Emily, une femme d'affaires sophistiquée et mariée. 
Elles s'entendent pourtant à merveille et ont noué, dans leur petite ville du Connecticut, une amitié aussi forte que celle qui lie leurs deux fils de cinq ans. 
Et lorsqu'Emily lui demande de récupérer son fils Nicky à la sortie de l'école, Stephanie accepte tout naturellement. Mais Emily ne revient pas, et les masques tombent, les uns après les autres. Car si ni l'amour, ni l'amitié ne durent toute la vie, la vengeance ne connaît pas de limites. Et la peur non plus.



Mon avis



Ayant perdu son mari dans un accident de voiture, Stephanie, veuve, consacre son temps à rédiger quelques billets sur son " blog de maman".
Elle s'est liée d'amitié avec Emily, une jeune femme cadre New Yorkaise et est mariée à Sean.
Darcey Bell nous brosse le portrait de deux femmes totalement opposées mais un seul lien les unit; les enfants. Miles, le fils de Stephanie, et Nicky celui d' Emily fréquentent la même école si bien que ces deux mamans se sont rapprochées et deviennent amies.

Un jour Emily demande à Stephanie de s'occuper de Nicky à la sortie de l'école. Le temps passe et toujours sans nouvelle d' Emily. Pourquoi ne donne-t-elle pas signe de vie? Lui est-il arrivé quelque chose?
Stephanie tente de résoudre le mystère de la disparition d' Emily quelque peu étrange.

" Ma meilleure amie a disparu depuis deux jours. Elle s'appelle Emily Nelson. Vous le savez, je ne mentionne jamais, par principe, le nom de mes amis dans ce blog. "

" Cela fait deux jours qu'elle n'a pas donné signe de vie, pris contact avec moi, répondu à mes SMS ou mes appels. Elle s'est évanouie dans la nature et je n'ai aucune idée de l'endroit où elle peut être. "

mercredi 29 mars 2017

Yvan Michotte: " Louise des ombres"



Editions Le Cargo Imaginaire
314 pages



4 ème de couverture



Louise est parisienne. Son père s’est donné la mort il y a près de 20 ans au pied du phare de la Roque en Normandie. Qui était cet homme inconnu qui la hante tel un fantôme ? Pourquoi veut-on à tout prix empêcher la jeune femme de découvrir qui il était. Quel est le lien avec la mystérieuse épave d’un navire coulé au 18e siècle ? Pour le savoir, elle va engager le détective privé Joshua Pastorius.

Au même moment, un homme est retrouvé brûlé vif dans une discothèque havraise. Est-ce un accident ou un crime ? Une jeune journaliste, Agathe Talemare, mène l’enquête.

Et si ces deux affaires n’en étaient qu’une seule et unique… Partez en baie de Seine afin d’élucider cette redoutable énigme…


Mon avis



Avec "Louise des ombres", Yvan Michotte assure un roman très plaisant. Il narre l'histoire d'une jeune femme, Louise, qui veut savoir qui était ce père mort une vingtaine d'année auparavant.
Un homme qu'elle n'a jamais rencontré et qui au fil des pages délivre un message et des vérités sur un passé pas si simple. Elle est aidée dans sa démarche par un détective, Pastorius, porté sur la bouteille et par une sympathique journaliste.

J'avoue que les premières pages, sans me déplaire, m'ont laissée perplexe : trop de phrases sans verbe par exemple. Pourtant rapidement, j'ai été happée par l'histoire grâce à des personnages très attachants. La description de la ville du Havre et ses environs a ajouté un intérêt supplémentaire à ma lecture.

Yvan Michotte sait décrire les situations et les lieux sans lourdeur. Avec des phrases parfois tordues et amusantes, l'intrigue prend du rythme sans distiller trop d'indices... L'auteur avec une plume vive et surprenante m'a bluffée jusqu'à la fin.

"Pastorius aimait l'énergie revigorante de cette fille. Elle avait une cuirasse solide et une certaine inconscience chevillée au jean."

L'histoire de "Louise des ombres" vaut le coup d'être lue. Je ne me suis pas ennuyée. Surtout que l'auteur manie l'humour tout au long de l'intrigue. Il n'épargne pas ses protagonistes.

mardi 21 mars 2017

Chris Bohjalian: " L'imprévu"


Editions Cherche Midi
384 pages


4 ème de couverture



En quelques heures, votre existence peut basculer.


Dans une paisible banlieue de New York, Richard et Kristin Chapman mènent avec leur fille Melissa une existence tranquille. Ce sont des gens bien, en sécurité dans un environnement aisé où ni le danger ni l'imprévu n'ont leur place. Un soir, ils acceptent de prêter leur maison à Philip, le frère de Richard, qui veut y enterrer sa vie de garçon. Richard reste pour veiller en cas de débordements tandis que Kristin emmène leur fillette chez sa mère à Manhattan. Mais, au beau milieu de la nuit, elle reçoit un appel de Richard. Quelque chose est arrivé.

Avec ce roman passionnant, Chris Bohjalian montre comment une vie apparemment sous contrôle peut basculer d'un seul coup, comment, derrière une façade qu'on croyait solide, nos instincts les plus primitifs peuvent prendre le dessus.


Mon avis



Je n'avais encore jamais lu une telle histoire!
Dans "L'imprévu" de Chris Bohjalian, les thèmes abordés ne sont pas nouveaux mais traités de manière originale. Du début à la fin on ne sait pas comment les personnages vont évoluer.

Lors d'un enterrement de vie de garçon, des jeunes filles vont changer la donne pour les invités. À partir de là, le roman va se déployer pour notre plaisir. Notre curiosité, parfois malsaine va être mise à l'épreuve.

Un mari, une épouse et Alexandra... Des hommes sans scrupules en arrière plan et c'est l'explosion; l'explosion des sentiments et de toute une vie.
Chris Bohjalian sait décrire la détresse physique et morale et on se laisse piéger.

« Vous ne pouvez pas savoir ce qu’est la terreur tant que vous n’avez pas été une adolescente en culotte tachée de sang prisonnière d’une chambre d’hôtel. »

dimanche 19 mars 2017

Sebastian Fitzek: " Le somnambule"


Editions l' Archipel
330 pages


4 ème de couverture



Enfant, Leo Nader était victime de crises de somnambulisme. Si intenses qu’on l’avait contraint à consulter un psychiatre, le docteur Volwarth. Bien des années plus tard, Leo se croit guéri. Mais, un matin, il découvre que son épouse a été agressée pendant la nuit et qu’elle s’apprête à le quitter. Il tente de la retenir, mais elle s’enfuit. Leo, qui se croit coupable, décide de retourner voir son psy. Ce qu’il va découvrir ira bien au-delà de tout ce qu’il pouvait imaginer…
Avec ce nouveau roman, Sebastian Fitzek renoue avec la veine du thriller psychologique qui avait fait de Thérapie, son premier roman, un succès.


Mon avis 



Leo Nader se réveille un matin  et voit brusquement partir sa femme, Natalie, de l'appartement. Que s'est-il passé? Pourquoi l' a-t-elle quitté sans rien dire?

Un étrange événement s'est produit durant la nuit et ce n'est pas le premier. Dès son enfance, Leo est atteint de somnambulisme le laissant parfois dans un état méconnaissable pouvant s'apparenter à un dédoublement de personnalité.

" Il avait peur. Peur d'une personne bien précise, debout ici, en bas, une personne qu'il n'avait encore jamais rencontrée bien qu'elle ait toujours été près de lui: il avait peur de lui même. De son second lui-même, de son lui-même endormi. "

Aurait-il fait mal à sa compagne? Leo va devoir comprendre ce qu'il s'est réellement passé, pour cela il a besoin de l'aide de son ancien psychiatre,  le docteur Volwarth. 

Ce qui est étrange également, c'est que Natalie n'a pas travaillé depuis plus de 15 jours dans la galerie de photos avec Anouka.

La tension et l'inquiétude de Leo se ressentent au fil des pages. Il vit un véritable cauchemar depuis la disparition de Natalie. D'ailleurs son entourage le prend un  peu pour un fou.

Une fois que Leo arrive à en savoir un peu plus sur son histoire, certains indices se dévoilent grâce à ses voisins d'immeuble...

L'affaire devient chaotique voire difficile pour Leo. Parviendra-t-il à se réveiller au bon moment?

mercredi 15 mars 2017

Georges Pierre Guigon: " Moissons nocturnes"


Editions Adéquat
193 pages


Mon avis



Après avoir lu " Le Briquet ", Georges Pierre Guigon m' envoie son dernier roman.

Avec "Moissons nocturnes", l'auteur nous conte le quotidien de Benjamin. Un homme qui n'a pas la vie qu'il voulait, qui n'a plus la vie qu'il voulait. Il veut se rattraper sur ses échecs. En aura-il la possibilité en amour avec Ludivine par exemple ?

Benjamin est un personnage aigri et l'auteur nous le fait bien sentir, parfois à l'excès. Ce personnage végète entre des soirées ringardes et des collègues qu'il déteste.

Justement G-P Guigon sait faire ressentir le dégoût que lui inspire une société sans pitié. Son personnage principal a pourtant des atouts physiques qu'il tente de mettre en valeur lors de soirées plus que sordides. Il essaie de séduire et l'on sent les difficultés qu'il a dans ses relations avec la gente féminine.

"Elle est très jolie et fort appétissante, mais la proximité du domicile de celle-ci a toujours freiné les tentations qu'aurait pu avoir Benjamin. Il ne tient pas à ce qu'elle puisse avoir un contrôle quelconque sur sa vie."

Benjamin ne trouve vraiment que le bonheur dans la nature chez son oncle Raymond. Il rêve de gagner sa vie en élevant des moutons. Il n'a connu de véritables joies que lors de ses escapades dans sa campagne des environs de Langogne en Lozère. 

jeudi 9 mars 2017

Stéphanie Exbrayat: " Personne n'a oublié"


Editions Terra Nova
272 pages


4 ème de couverture



Sam, huit ans, tombe du haut d'une grange et meurt le crâne fracassé. Pour sa mère Colette, impossible de croire à un accident. Elle soupçonne François, son mari, un homme violent et secret, de ne pas être étranger au drame. Dix ans auparavant, Colette, enceinte d'un autre homme, a été contrainte de l'épouser. Dès lors, son mari a imposé la terreur et la tyrannie au sein de leur foyer. Bravant la violence de cet homme, Colette s'engage dans une dangereuse quête de vérité. Quel rôle a t-il joué dans la mort de Sam ? Et quel est ce trouble passé que François semble vouloir cacher à tout prix ? Au cœur de ce petit village du Morvan, les esprits s'échauffent et les tensions remontant à la guerre atteignent leur paroxysme. Le village bruisse de rumeurs et de douloureux secrets ne tardent pas à resurgir...
Quand la mort d'un enfant fait resurgir les secrets d'un village...



Mon avis


Suite au décès de son fils, Sam, âgé de 8 ans, Colette ne vit plus, sombre dans la dépression. Ce jour-là, lors de l'accident, cette mère n'était pas à ses côtés, seul   François, son mari bourru et parfois violent était présent.
Que s'est-il réellement passé? Quelle est la nature exacte de la mort?

Colette ne peut pas effacer les souvenirs de son fils d'un seul coup; elle a du mal à tourner la page. Ainsi cette mère a décidé de mener l'enquête et de savoir si François n'est pas dans cette affaire...

" Colette et son fils avaient toujours vécu dans un climat asphyxiant, empoisonnés par la présence de François. Il s'emmurait continuellement dans un silence agressif. "

L'auteure, Stéphanie Exbrayat signe ici un premier roman à la fois captivant et bouleversant. L'action se passe à la fin des années 50 dans le village de Morvan.
Au fil des pages, le lecteur va suivre principalement  Colette; sa souffrance sera mise en avant à cause de la perte de son fils. C'est un véritable drame assez trouble puisque la mort de cet enfant est suspecte et une véritable quête de vérité.

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